Départ d'Annecy 17h45 après une dure journée de boulot, direction Les Ecrins !!!
L'objectif : couloir N du Coup de Sabre / D / 600m /
55°
Je prends Fred au passage à Livet-Gavet près de Bourg d'Oisans, et on arrive au Pré de Madame Carle vers 21h45.
Ni-une ni deux, on installe le réchaud (on crève de faim) et on se couche. La prairie pour nous tout seul :-)
Ma première nuit à la belle étoile... Belle nuit étoilée, je m'endors assez vite.
1h15. Mon portable nous arrache de notre profond sommeil, c'est l'heure. A peine deux petites heures de sommeil mais c'est le prix à payer pour espérer de bonnes conditions. On avale vite fait un
petit dej, très indigeste à cette heure-ci, et on range tout à l'arrach dans le coffre de la 206.
2h : départ de la voiture. On emprunte le sentier du glacier Blanc qu'on quitte rapidement pour remonter la longue morraine du glacier Noir. Celle-ci qui paraît infâme vue de loin est en fait bien
régulière et pas trop pénible. Il fait nuit claire et une demi-lune nous permet de distinguer la masse énorme de la Barre des Ecrins nous dominant. Il fait très chaud, le foehn se fait sentir.
Au bout d'une heure, on quitte la morraine pour descendre de façon scabreuse sur le glacier Noir proprement dit. En fait de glacier il s'agit plus d'un gigantesque éboulis, on devine à peine la
glace sous les pierres et quelques trous. On traverse plein sud pour gagner la branche du glacier sous l'imposant Pelvoux. On devine à peine le chaos de séracs qui descend du col E.
petites frontales qui nous suivaient à bonne distance se dirigent vers le cône d'avalanche de ce couloir. Cool !
Et oui car le couloir N du coup de Sabre est une course réputée et très parcourue. Mais comme chaque couloir, l'ennui c'est de se retrouver à 2000 dedans...
Première lumières d'un jour naissant...
5h30. On arrive au pied du dédale de séracs qui barre l'accès au couloir proprement dit. On s'équipe tranquillement tandis que le jour commence à pointer le bout de son nez. Nous sommes seuls au
milieu du cirque du glacier Noir.
On repart et on remonte ce bout de glacier qui s'apparente à un dangereux labyrinthe ponctué de barres de séracs et de ponts de neige, tous plus fragiles les uns que les autres.
Dans le dédale de séracs...
Petite séance de cramponnage frontal pour Fred
On finit par déboucher sur une crête de glace qui masquait une gigantesque crevasse. Cela nous oblige à un grand détour sur la droite pour passer par un pont de neige au dessus de la crevasse. Pour
plus de sécurité, on a quand même sorti la corde ;-)
Passage d'un petit trou ;-)
Tel une épée de Damoclès au dessus de nous...
On prend pied sur le plateau avant de gagner la rimaye, qui a l'air bien bouchée sur la gauche. Petite pause avant l'attaque.
"
Les forces avant l'attaque" dirait mon grand-père (comme au pied de la Séolane en 1991!)
J'en profite pour faire tomber la dragonne d'un de mes piolets, qui descend quasimment toute la pente... Fais chier Grrrrr, tant pis... et les Allemands ne l'ont pas trouvée :-(
Au pied du couloir, l'excitation monte ;-)
Miracle les 50m de la corde ne présentent aucun noeuds et aucune boucle. Vue la tête du couloir, on décide de faire au moins un première longueur de 50m et on verra après.
Stalactites de la rimaye et Fred qui
s'élance
Bout de corde, je me lance. on va progresser à corde tendue en pausant des broches. le bas du couloir est très bon, la glace est tendre et c'est un réel plaisir :-)
Des conditions pareilles en Juillet, MIAM !!!
Ambiance ambiance :-)
On n'est pas biens là ???!!!???
Dans le bas du couloir on passe un mur de 2m goulotté en glace à 70°, ambiance !!! On fait un relais après 150m de progression. Les allemands passent devant et on le regrettera parce que ce
sera la douche de glaçons pour nous !
Il est bien seul sans sa dragonne lui... :-(
Au total on fera 3 relais sur pitons (ca tient ce coup-ci ;-). On sort au col à 11h, sous un vent très fort qui souffle en rafales. On fait quelques photos, on savoure ce précieux instants
avant de s'en aller.
Au relais, j'assure Fred sur demi-cab'
Le plus dur est derrière nous
Mais c'était sans compter sur les 150m du couloir en versant Sud : neige pourrie et chutes de pierres incessantes. la rotule de Fred s'en souvient encore. Désescalade pénible, comme si les
mollets n'avaient pas assez travaillé aujourd'hui... Et en plus on rate le rappel !
Le couloir de descente
C'est avec bonheur qu'on gagne le bas du glacier du coup de Sabre et qu'on se fait une énooorme pause bien méritée... On a faim !!! Et c'est avec bonheur et joie que je me rends compte que
mon sandwich a décidé de s'arrêter sur la morraine en bas du couloir :-( La journée de Matt en mode Petit Poucet !!!
Descente sur le refuge du Sélé
En descendant au Sélé on croise un modo de C2c que j'avais croisé au WE C2C-Togaether en Janvier au Reposoir. Ils ont pris un but à l'arête NE dune des Ailefroides.
Arrivés au refuge du Sélé vers 15h, la flemme de descendre à la voiture. De toute façon on est bien mieux là-haut que dans la vallée.
Sieste, repas sympa avec des cafistes d'Orange et dodo à 20h (non je ne suis pas une poule).
Dimanche matin. Ciel chargé et gouttes qui tombent : on redescend illico presto à Ailefroide en 1h20. un guide et son client arrivent et cherchent aussi une voiture pour remonter au Pré.
Par chance on est vite pris en stop par un couple de retraités qui monte pour randonner.
CONCLUSION : Voilà un fort bon WE non butogène qui sent bon la grande course et les bons moments partagés avec Fred. Merci aux Allemands pour leur bon anglais et leurs volées
de glaçons dans la tête.
Et comme d'hab les cotations Ecrins... 55° bien pêchu... Bravo à ceux qui font ça à skis !
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