Barcelonnette Trip

Publié le par Matthieu EVRARD

Je me souviens que Flo, ma maman, m'avait offert au mois de Mars 1994 un livre qu'elle avait trouvé par hasard : les 100 plus belles descentes à skis des Alpes du Sud de Jacques Audibert.
 
Ce livre m'a permis de découvrir qu'une poignée de gens dotés d'un équipement bizarre faisait des sommets à skis en plein hiver. Je découvrais à travers ce livre le ski de randonnée.
 
Sans pour autant pratiquer ce sport, j'ai feuilleté ce bouquin pendant des années et m'en suis même inspiré pour la haute-route du Mercantour. J'ai même fini par rencontrer son auteur, gardien du refuge de Rabuons, au détour d'une rando.
 
 
 
Les années ont passé et finalement je me suis mis au ski de randonnée, évolution assez logique de mon approche de la montagne.
 
 
 
Il me tenait donc à coeur d'aller quelques jours en Ubaye faire un peu de ski de rando.
 
L'Ubaye, cette vallée chère à mes yeux car j'y ai passé presque toutes mes vacances, j'y ai fait mes premières armes en rando, mais aussi en alpinisme (traversée des arêtes de l'Aiguille de Chambeyron, couloir Bujon au Brec).
 
 
 
Après un mail commun à pas mal de monde, seuls Stef et Mathieu répondent favorablement à l'invitation. Il faut dire que Chris a toujours son genou en vrac, Jean-Marie ne peut pas poser de RTT, et les autres ne répondent pas.
 
 
 
Voilà donc le trio C2C-SkiTour en route pour Uvernet-Fours mercredi soir. Coup de fil de Mamoune le mercredi matin : il a neigé cette nuit. Nous pouvons donc compter sur de la bonne neige.
 
 
 
Après quelques heures de route, nous voici à la Tourrache. Il est déjà 22h. Nous ne faisons que de vagues suggestions pour le lendemain, on verra bien en fonction de la forme et de la météo.
 
 
 
Jeudi matin, départ pour Bayasse, avec en tête un vague projet de Cimet ou de Pelat. L'approche sur la route de la Cayolle est assez longue (1h30 de plat). Il fait beau mais il y a beaucoup de vent (~70km/h). Nous atteignons le vallon de la Grande Cayolle que nous remontons à travers la forêt de mélèzes. La descente du Trou de l'Aigle ne nous inspire guère : le glacier rocheux est sec et de nombreuses pierres affleurent. La neige paraît béton.
 
Du côté du Cimet, ça a l'air mieux mais vu le vent qui souffle sur les crêtes ce n'est pas plus engageant. Nous gagnons le col des Esbelliousses et nous laissons les skis un peu au dessus pour mettre nos crampons et gagner le sommet N de la Crête de la Pierre Eclatée. Si on avait visé directement ce sommet, on aurait fait le tour par le vallon de la Grande Saume, ça aurait permis de faire une boucle ! Dommage !
 
On redescend à la voiture. Vent de face, je n'ai jamais autant poussé sur les batons !
 
 
 
Vendredi matin, le ciel est tout gris. On part en direction de Maurin. Il a neigé pendant la nuit, la route n'est pas dégagée (merci les pneus neige). On part en direction de la Pointe Basse de Mary. Avec une visibilité assez mauvaise, on se plante plusieurs fois d'itinéraire mais on finit par gagner les plateaux de Thussier, puis un col sur l'arête vers 2800m, après une légère prise de becs entre Stef et Mathieu. Fait assez rare pour être signalé, j'ai débusqué deux coqs tétras-lyres et deux chamois. La météo ne s'arrange pas, le sommet est complètement pris. On préfère redescendre. On pensait avoir pas mal de touchettes en descendant vu ce que le vent avait fait, il n'en est rien ! Descente très agréable en poudreuse tassée.
 
 
 
Samedi matin, grand ciel bleu. On se gare à Certamussat, 2 km en aval de Larche, ancien village détruit en 1944 par les Allemands et non-reconstruits. On descend pour traverser l'Ubayette au pont 1592m, puis on monte dans la forêt. La description du topo ne correspond pas à la nature du terrain, on en déduit qu'on est pas au bon endroit :o)
 
On redescend 80m et on traverse à flancs pour retrouver le bon chemin. On remonte le mélezin, assez raide, pour déboucher sur d'anciens champs. La montée se poursuit dans la forêt pour sortir à un petit col d'où on bascule dans le vallon Long, sous les Courroies de David. On contourne par la gauche la Crête des Lacs Froids pour déboucher à un col vers 2900m sur l'arête qui mène à la Tête de Siguret. Le mauvais temps arrive côté italien, et la pente menant au sommet n'est pas dans des conditiosn extraordinaires. On s'arrête juste sous le sommet et on redescend par le vallon des Lacs Froids. La neige y est poudreuse et excellente mais la visibilité moyenne nosu empêche de descendre en attaquant. Par contre la descente de la forêt est un vrai régal, slalom entre les mélèzes en esquivant les branches et les obstacles, très ludique. Randonnée assez longue mais qui vaut le coup !
 
 
 
Dimanche matin, départ du Super Sauze sous un temps maussade. Une voiture se gare à côté de nous, 4 paires de ski de rando sur le toit : du monde ! On se croirait aux Confins (avec 300 personnes de moins ^^)
 
On remonte une piste verte puis rapidement on quitte le domaine skiable du Sauze pour s'élever en direction du col du Gyp. La trace est faite mais de manière "bourrine" et très irrégulière. On gagne le col où apparemment tout le monde fait demi-tour. Il reste 150m à faire pour gagner le sommet. La neige est béton sur le haut, le vent a fait son oeuvre. Stef et Mat montent en couteaux, je préfère monter à pieds, skis sur le sac. On gagne assez rapidement le sommet du Chapeau de Gendarme (2685m). Il y a un vent froid assez désagréable qui nous convaint de redescendre assez rapidement. Et c'est là que le solei lfait une timide apparition, nous permettant une descente géniale dans la poudreuse avec une super visibilité. Du coup on descend rapidement à la voiture.
 
 
 
Et comme toutes les bonnes choses ont une fin, il nous faut rentrer à Annecy. Bien contents d'avoir fait pas loin de 4300m en 4 jours malgré la météo pas terrible... Dire que l'Ubaye est connue pour son climat :-(
 
Tant pis, l'année prochaine on aura sûrement plus de chances !

Publié dans Année 2008

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