Année 2008

Lundi 9 juin 2008
Encore un sommet suisse au nom imprononcable et encore une belle bavante : 7h de montée depuis la Britanniahütte au dessus de Saas-Almagell.

Montée au refuge sous la pluie et la neige. Vocation de bucheron trouvée.

Un 4000m de plus de gravi.

Récit et photos a venir.
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Lundi 9 juin 2008
a venir
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Vendredi 30 mai 2008
But... Terme trop souvent utilisé à mon goût dans les récits de mes courses d'alpinisme. Un but ca fait toujours CHIER (pardonner la familiarité), mais au moins ça apprend pas mal de choses. Comme par exemple à écouter la météo...   La plupart du temps, prendre un but est indépendant de notre volonté. Conditions pas terribles, matériel oublié, motivation proche du zéro absolu, météo pourrie... Justement dans ce dernier cas, on pourrait être tenté d'esquiver le but. Sauf quand on est, comme le dit Guillaume, un butteur-né.  
--- WELCOME IN ZE WEEK END C2C-BUT2GETHER ---
ou comment apprendre aux autres à encore mieux butter...
 
Après tout, si on est sûrs qu'il va faire mauvais temps, pourquoi monter quand même ??? Et c'est là qu'on se dit que la météo est une science inexacte, et que si 30% d'ensoleillement est prévu pour le dimanche matin, c'est que ça peut être jouable... Peut-être qu'on aura 50% au lieu de 30%, une éclaircie miraculeuse, une mer de nuages à perte de vue.

Soit.

On ne peut pas gagner à tous les coups. Mais qui ne tente rien n'a rien.
Après enquête sur les conditions de l'arête Gallet au mont Dolent, la seule chose que nous obtenons comme informations fiables est qu'on va rencontrer d'autres C2C-istes au bivouac de la Maye, et que la soirée risque d'être fort sympathique. Mon sac se retrouve donc alourdi de 1,5 kg (1L de vin + 500g de cacahuètes... on prévoit un apéro histoire de mettre un brin d'ambiance).

Samedi matin, je retrouve Stef à la Roche-sur-Foron, puis de là direction le Val Ferret en Suisse via Chamonix. Temps mitigé mais dans l'ensemble de belles éclaircies. Sauf là où on se gare : beaucoup de vent et il se met à pleuvoir juste quand on arrive. On arrive sycnhro avec Guillaume et Régis, puis arrivent Jef et Christophe. 6 C2C-istes prêts à partir en direction du Dolent.   Au parking, c'est le déluge et ça ne se calme pas. On se prépare doucement dans la voiture, mais de tout façon on ne va pas y couper. Des fois on y croit à mort : il pleut plus... pendant 5s.  p Le booooo temps...

Montée par la combe des grands Fonds. On remonte 100m skis sur le dos puis on peut chausser assez rapidement : peu de portage si tard en saison, c'est appréciable ! On monte en direction du Petit col Ferret. Plus on approche du col et plus le vent est fort, il pleut à l'horizontale ! Puis par un grand mouvement vers la droite, on longe le glacier du Dolent avant d'atteindre le bivouac de la Maye situé sur une morraine. 3h de montée, à peu près 2h40 de pluie. Dans ce smoments-là je me demande pourquoi mon grand-père continue à me surnommer Matthieu-sauve-qui-pleut, alors que lui pour 5minutes de pluie au refuge des lacs de Vens (Mercantour) avait détalé comme un lapin... 



Le bivouac ressemble étrangement à une soucoupe volante orange avec 4 hublots. A l'intérieur, il y a officiellement de la place pour 14 personnes, mais à 6 c'est déjà bien serré ! On retrouve donc Christophe, Jef, Guillaume et Régis au bivouac, qui nous accueillent avec un bon thé chaud.



Récits et histoires de montagne, surprenant n'est ce pas ? Je passe un peu pour un buteur-né à force d'évoquer les nombreux buts de l'année dernière mais forcément quand on sort tout le temps, on s'expose à en prendre plus... et puis si je veux plus butter, j'ai qu'à faire des courses faciles ;-) Gna-gna-gna... Ce WE pue le but depuis le moment où on est partis donc de toute façon...
  La pluie cesse par intermittence mais le doux crépitement sur la carcasse métallique du sous-marin s'interrompt seulement quelques instants. Ca promet.   3h : il pleut 4h : grésil 6h : visibilité immense, on voit à 50m. En tout cas il ne pleut plus. Regel... euh c'est quoi le regel ? Guillaume et Régis vont monter un peu à skis, pour le reste de l'équipe c'est descente directe pour esquiver une nouvelle rincée. Joli B1 pour nous ! 





8h03 : on n'est jamais arrivés si tôt à la voiture. L'éclaircie météo prévue par Météo Cham est restée virtuelle. Descente assez sympa tout de même malgré la neige détrempée par la pluie de la veille. Echange de coordonnées avec Jef puis retour à Gex City.
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Vendredi 9 mai 2008

 
L'aiguille Verte : 4122m. Sommet qui symbolise bien des fantasmes pour toute personne qui apprécie la montagne et les beaux sommets. Elancée, prestigieuse, la Verte ne possède pas réellemet de voie d'accès évident.

Couloir Whymper, nant Blanc, arete du Moine, arete des Grands Montets, couloir Y, couloir Couturier, la difficulté minimale est AD.

« Avant la Verte on est alpiniste, à la Verte on devient montagnard... » - Gaston Rébuffat

Cette citation illustre un peu ce côté mythique de la Verte : ce n'est pas un sommet anodin et il nécessite une certaine expérience.

Lundi 5 Mai 2008 : une fois de plus je me retrouve avec Stef et Mathieu à prendre la benne de l'Aiguille du Midi. Descente de la vallée Blanche, puis montée au Couvercle par les Egralets pour tenter le couloir Whymper, voie normale de la Verte.

Une dizaine de personnes au refuge, que des étrangers : italiens et hollandais. Petite prise de bec avec ces derniers qui monopolisent toutes les casseroles, et ne veulent pas nous en lacher une pour faire fondre la neige...

Nuit courte et agitée car à 23h une cordée de 2 allemands arrive au refuge en provenance du couloir Couturier. Conditions très difficiles apparemment... Nous aurons l'explication à Argentière deux jours plus tard, ils ont tiré des logueurs tout le long, même dans les sections neigeuses (Effectivement avec Lionel on a trouvé leurs traces de relais, creusé dans 60 cm de neige pour trouver la glace).

Lever à minuit, on gagne la rimaye du Whymper 2h20 plus tard. Au passage on croise une cordée de tchèques, qui ont peiné dans le Couturier. On passe la rimaye et de nuit on galère un peu pour trouver le bon itinéraire. On finit par renoncer, persuadés de s'être plantés... Alors que non !!! Les boules, retour au Montenvers un peu blasés, en passant par le glacier de Talèfre : ponts de neige dangereux au dessus du torrent, ne pas prendre cret itinéraire !

Pour la fin de semaine, j'ai contacté Lionel, que je connais depuis tout petit vu que nos parents étaient voisins. Il n'a pas fait la Verte ni les Courtes, donc on verra sur place. Je réserve au refuge d'Argentière.

Mercredi, je retrouve Lionel chez Aurélie à Mont Saxonnex, direction Cham' puis les Grands Montets. A Lognan je me rends compte que j'ai oublié l'ARVA dans la voiture... Hésitation à redescendre... Tant pis, il est déjà 15h, et il y a 10 ans personne n'en avait ;-)

Descente des Grands Montets dans une neige pourrie, et avec les gros sacs bonjour les cuisses. On gagne rapidement le refuge, et direct au lit. Très bon dîner en compagnie de quatre Anglais, puis on file au lit. Lever à Minuit, départ à 0h20.

On descend tant bien que mal sur le glacier d'Argentière à la lueur des frontales, puis on met les peaux de phoque pour remonter le glacier des Rognons. On gagne le pied du couloir Couturier vers 2h20. On troque les skis pour les crampons, et on s'encorde.

Skis sur le sac, piolets en main, nous voilà partis. Petite hésitation au passage de la rimaye, pas évident à trouver de nuit. On s'élève assez vite dans le couloir jusqu'à venir buter sur un passage en glace. Je sors le deuxième brin de corde et Lionel se lance en tête. Une bonne onglée plus tard, je me lance à mon tour dans la glace. 5m sous le relais qu'il a installé, Lionel me demande de faire un autre relais, le sien est posé sur une bande de glace qui émet des craquements suspects... Rapidement je fais un autre relais et Lionel repart pour une deuxième longueur. Au moment ou je lève la tête, je prends un bloc de glace de la taille d'une balle de tennis en plein dans l'épaule gauche. Ambiance !!!!

Je rejoins Lionel au second relais sur deadman, on se réencorde à 2m et je laisse filer les 60m de corde entre mes jambes, n'ayant pas envie de retirer mon sac en pleine pente.

Le jour se lève mais le ciel est plein de nuages. Le sommet de la calotte est également pris. La course de Stéphanie de C2C dans ce même couloir Couturier me revient en tête... Mais les nuages se dissipent et on passe au dessus d'eux. On a droit à un sublime lever de soleil, avec mer de nuages, un des plus beaux que j'ai vu en montagne. Encore plus beau que celui qu'on avait eu au Chardonnet avec Stef. Quelle ambiance !

Le second tiers de la voie est très soutenu, la pente frise avec les 60 degrés. On passe les séracs par la gauche et on prend pied sur la fameuse calotte sommitale. Le topo indiquait que la pente se couche à 45 degrés, que dalle, ca reste bien raide !!! 50m sous le sommet, on butte sur un passage en glace. Glace vive très dure qui achève les cuisses et les mollets. Lionel fait une petite longueur de 20m, puis je le rejoins et j'enchaîne en tête pour une dernière petite longueur en mixte et je me rétablis sur l'arête sommitale, juste sous le sommet. Je gagne rapidement le sommet et j'assure Lionel.

L'émotion me gagne... si je me suis mis à l'alpinisme, c'était dans le but de gravir la Verte, et je me trouve maintenant là-haut. De plus on relache un peu la pression qu'on avait à la montée, car dans le Couturier ne pas tenir l'horaire c'est s'exposer aux chutes de pierres et de glace.

20 minutes plus tard on descend l'arête qui conduit au col de la Grande Rocheuse, puis on bascule dans le Whymper. On enchaîne les rappels, on en fera une dizaine au total. On passe la rimaye et enfin on fait une PAUSE bien méritée :-)

 

 
On refait les sacs, on rechausse les skis, et on file :-)
Descente assez bonne dans la transfo jusqu'au Couvercle, puis on descend les échelles des Egralets. Descente de la mer de Glace jusqu'à la grotte de Glace. Mauvaise surprise, la télécabine est fermée et il nous faudra remonter jusqu'à la gare à pied...

A Chamonix nous prenons le bus jusqu'a Argentière où nous attend le camion de Lionel, la boucle est bouclée, et le rêve est accompli...
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Mercredi 26 mars 2008
Météo pourrie annoncée sur la Suisse, annulation du raid et improvisation du côté du Mercantour, à 30km de la mer... Beau temps en général, neige correcte... Avec une dernière descente prenant des airs de hold-up !

Les photos c'est par ici : site de Stef
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