De retour de Suisse : Le récit
Chose promise, chose dûe !!!
Voici pour vous chers lecteurs et lectrices le récit du WE de Pâques :
Lundi soir, 20h. De retour à Annecy. Après une petite douche bien méritée qui a permis de se décrasser après 3 jours en haute-montagne, l'heure est au bilan de ce super WE de Pâques !
SAMEDI :
Départ d'Annecy : 4h05
Dominique (rencontré lors du WE C2C Together) nous rejoint au parking de l'autoroute. Christophe, JiB et Stéphane nous attendent. J'arrive avec Mathieu C. On charge les voitures et direction ZERMATT, dans le Valais (3h30 de route environ).
Arrivée à Zermatt vers 7h40. Un peu dur de conduire sans s'endormir... On se gare à Täsh car on ne peut accéder à Zermatt en voiture (ville piétone) donc on prend le train à crémaillère, chargés comme des mules avec des sacs à dos avoisinant les 15kg chacun... Il faut dire que dans le sac il y a de quoi boire (du vin rouge), manger (du reblochon), en plus du minimum vital (vêtements techniques, matériel de sécurité, peaux de phoques, ARVA, crampons, piolets, ...)
On traverse Zermatt à pied pour rejoindre le pied des téléphériques pour monter au petit Cervin (klein Matterhorn, 3889m). Aujourd'hui on doit gravir le Breithorn (4164m) et rejoindre un refuge italien situé sous le Castor.
La montée au Breithorn se fait tranquillement. Les deux TGV Chris et Jib nous mettent 1/2 heure dans la vue. Le fait de se retrouver directement à 3800m en téléphérique nous cause un mal de tête assez douloureux et l'altitude se fait sentir. Il y a bcp de monde au sommet. Il fait chaud, car être en tee-shirt à 4000m en Avril...

On redescend la face classique puis on traverse plein Est le Grande Ghiacciaio di Verra. On commence à descendre le long des immenses séracs, parfois gros comme des maisons... Mieux vaut ne pas traîner dessous car ils peuvent s'écrouler sans prévenir. Surprise, on croise Delphine et ses amis d'Annemasse qui réalisent le même raid que nous. On arrive finalement au refuge Guido di Ayas, qui à notre grande surprise est vide !
Le refuge d'hiver comporte 20 places et on sera 23. Super soirée, très bonne ambiance (partie de taboo) et bonne nuit.
DIMANCHE :
Lever à 5h20. Il fait grand beau, une mer de nuage versant italien masque le fond de vallée. On part vers 6h, direction le Castor (4223m). Il fait très froid.
Rapidement les premières onglées font leurs apparitions et ne me quitteront pas tout le long de la montée. On monte assez vite malgré l'altitude. On laisse les skis vers 4100m et on continue en crampons piolets. Malgré tout ce que je fais je ne parviens pas à réchauffer les doigts de la main gauche et je décide de redescendre alors que je suis 30m sous le sommet. De toute façon les nuages sont montés et on ne voit rien.
Sommet du Castor pour Mathieu, Stef et Dominique. Chris et Jib sont restés sur l'antécime (4205m).
J'attends Mathieu qui me frictionne les doigts mais le sang ne revient toujours pas. Je rechausse les skis et descend au Zwillingsjoch. On rephoque les skis et on se dirige vers le Schroaxtor.
On fait une pause sous le Pollux (4092m). De là on voit bien un raide mais court couloir où certains alpinistes progressent. Mathieu me motive à monter là-haut, Christophe nous propose de nous attendre en gardant nos affaires. Nous sommes 4 à partir vers ce couloir alléchant. De plus on doit pouvoir descendre la face Ouest à skis. Jib et Mathieu partent sans les skis, alors que Stef et moi les prenons avec l'ambition de descendre cette courte mais raide face.
Le couloir est vite avalé et rapidement on se retrouve devant un bastion rocheux où on rejoint la cordée de Delphine. Nous sommes partis un peu à l'arrach sans matériel d'assurage et surtout sans lire le topo de l'arête...
Il y a 50m de rocher en IV. Il y a une chaîne.
Dilemne...
que faisons nous ? Jib a continué sans se poser de questions, Mathieu ne tient pas à s'engager sans être encordé. il fait demi-tour avec Stef.
Je continue seul et grimpe le ressaut en solo auto-assuré par une longe. Pas pratique la grimpe en crampons avec les skis sur le dos. Je débouche sur l'antécime (3970m) près de la Vierge.
Jib a fait le sommet et entame la descente. Je poursuis donc seul au sommet. Il n'y a personne. Je chausse sur la calotte sommitale et entame la descente.
Un ami de Delphine m'attend à ski près de la Vierge et on descend ensemble la face Ouest.
La pente doit être à 45 degrés et il ne faut pas tomber (beaucoup de rocher en contrebas...).

Je rejoins le groupe au Schroaxtor (3731m) et on commence la longue descente sur le Schwäregletscher. Descente dans une très grande ambiance, entre les champs de crevasses et les séracs très impressionants.

On atteint la côte 2460m en bas du glacier. De là il faut remonter à la Monterosehütte (2800m). Il y a pas mal de distance à faire sur le plat du Gornergletscher et surtout il faut suivre la trace au milieu des crevasses, ambiance garantie et surtout il faut rester vigilant malgré la fatigue.
On arrive à la Monterosehütte à 16h. On se repose au soleil jusqu'à 18h30. La vue est splendide : Castor, Pollux, Breithorn, Liskamm, et surtout le Matterhorn (aussi connu sous le nom de Crevin) nous entourent. On discute pour le lendemain. La Dufourspitze me semble trop ambitieuse après cette journée. Idem pour Mathieu. Nous décidons de ne pas monter et de nous reposer en vue de la descente à Zermatt.
Dîner au 1er service à 18h30 et au lit à 21h.

LUNDI :
Les autres se lèvent à 3h25. Nous nous levons à 7h30. Le dortoir est désert. On retrouve les deux Delphine sont restées aussi. On prend tranquillement le petit déjeuner. Vers 10h deux de leurs amis arrivent. Ils sont frigorifiés et ont renoncé à cause du froid. N'ayant pas retrouvé la sensibilité de 2 doigts à la main gauche je me dis que j'ai bien fait.
Chris a atteint le col (4359m), Jib (4500m), Stef et Dominique (4615m). Le sommet véritable était trop loin.
On décolle du refuge vers 13h45. On descend l'interminable langue du Gornergletscher jusqu'à son inpressionnate langue terminale. On descend dans sa gorge via de nombreux ponts de neige... puis on sort de la gorge et on rejoint une piste du domaine skiable de Zermatt.

De là, on rejoint Zermatt, puis la gare en bus. De là, descente à Täsh puis retour à Annecy.
BILAN DU WE :
il est 22h et je n'ai toujours pas de sensibilité dans 2 doits de la main gauche. J'irai chez le médecin demain ou mercredi.
Très satisfait de ma journée de dimanche, surtout d'avoir réalisé le Pollux, seul au sommet, et redescendu à ski.
On retournera à la pointe Dufour mais sans faire une grosse journée la veille.
Zermatt est pire que Saas-Fee... On sent bien qu'on est en Suisse...
Comment ne pas être heureux de vivre lorsqu'on partage des moments aussi beaux et aussi forts en montagne ? Malgré tout les "inconvénients", la haute montagne est magique.
Les photos peuvent être récupérées ici.
Voir l'itinéraire en 3D avec Googl Earth...
Voici pour vous chers lecteurs et lectrices le récit du WE de Pâques :
Lundi soir, 20h. De retour à Annecy. Après une petite douche bien méritée qui a permis de se décrasser après 3 jours en haute-montagne, l'heure est au bilan de ce super WE de Pâques !
SAMEDI :
Départ d'Annecy : 4h05
Dominique (rencontré lors du WE C2C Together) nous rejoint au parking de l'autoroute. Christophe, JiB et Stéphane nous attendent. J'arrive avec Mathieu C. On charge les voitures et direction ZERMATT, dans le Valais (3h30 de route environ).
Arrivée à Zermatt vers 7h40. Un peu dur de conduire sans s'endormir... On se gare à Täsh car on ne peut accéder à Zermatt en voiture (ville piétone) donc on prend le train à crémaillère, chargés comme des mules avec des sacs à dos avoisinant les 15kg chacun... Il faut dire que dans le sac il y a de quoi boire (du vin rouge), manger (du reblochon), en plus du minimum vital (vêtements techniques, matériel de sécurité, peaux de phoques, ARVA, crampons, piolets, ...)
On traverse Zermatt à pied pour rejoindre le pied des téléphériques pour monter au petit Cervin (klein Matterhorn, 3889m). Aujourd'hui on doit gravir le Breithorn (4164m) et rejoindre un refuge italien situé sous le Castor.La montée au Breithorn se fait tranquillement. Les deux TGV Chris et Jib nous mettent 1/2 heure dans la vue. Le fait de se retrouver directement à 3800m en téléphérique nous cause un mal de tête assez douloureux et l'altitude se fait sentir. Il y a bcp de monde au sommet. Il fait chaud, car être en tee-shirt à 4000m en Avril...

On redescend la face classique puis on traverse plein Est le Grande Ghiacciaio di Verra. On commence à descendre le long des immenses séracs, parfois gros comme des maisons... Mieux vaut ne pas traîner dessous car ils peuvent s'écrouler sans prévenir. Surprise, on croise Delphine et ses amis d'Annemasse qui réalisent le même raid que nous. On arrive finalement au refuge Guido di Ayas, qui à notre grande surprise est vide !
Le refuge d'hiver comporte 20 places et on sera 23. Super soirée, très bonne ambiance (partie de taboo) et bonne nuit.

DIMANCHE :
Lever à 5h20. Il fait grand beau, une mer de nuage versant italien masque le fond de vallée. On part vers 6h, direction le Castor (4223m). Il fait très froid.
Sommet du Castor pour Mathieu, Stef et Dominique. Chris et Jib sont restés sur l'antécime (4205m).
J'attends Mathieu qui me frictionne les doigts mais le sang ne revient toujours pas. Je rechausse les skis et descend au Zwillingsjoch. On rephoque les skis et on se dirige vers le Schroaxtor.
On fait une pause sous le Pollux (4092m). De là on voit bien un raide mais court couloir où certains alpinistes progressent. Mathieu me motive à monter là-haut, Christophe nous propose de nous attendre en gardant nos affaires. Nous sommes 4 à partir vers ce couloir alléchant. De plus on doit pouvoir descendre la face Ouest à skis. Jib et Mathieu partent sans les skis, alors que Stef et moi les prenons avec l'ambition de descendre cette courte mais raide face.
Le couloir est vite avalé et rapidement on se retrouve devant un bastion rocheux où on rejoint la cordée de Delphine. Nous sommes partis un peu à l'arrach sans matériel d'assurage et surtout sans lire le topo de l'arête...Il y a 50m de rocher en IV. Il y a une chaîne.
Dilemne...
que faisons nous ? Jib a continué sans se poser de questions, Mathieu ne tient pas à s'engager sans être encordé. il fait demi-tour avec Stef.
Je continue seul et grimpe le ressaut en solo auto-assuré par une longe. Pas pratique la grimpe en crampons avec les skis sur le dos. Je débouche sur l'antécime (3970m) près de la Vierge.
Jib a fait le sommet et entame la descente. Je poursuis donc seul au sommet. Il n'y a personne. Je chausse sur la calotte sommitale et entame la descente.
Un ami de Delphine m'attend à ski près de la Vierge et on descend ensemble la face Ouest.
La pente doit être à 45 degrés et il ne faut pas tomber (beaucoup de rocher en contrebas...).

Je rejoins le groupe au Schroaxtor (3731m) et on commence la longue descente sur le Schwäregletscher. Descente dans une très grande ambiance, entre les champs de crevasses et les séracs très impressionants.

On atteint la côte 2460m en bas du glacier. De là il faut remonter à la Monterosehütte (2800m). Il y a pas mal de distance à faire sur le plat du Gornergletscher et surtout il faut suivre la trace au milieu des crevasses, ambiance garantie et surtout il faut rester vigilant malgré la fatigue.
On arrive à la Monterosehütte à 16h. On se repose au soleil jusqu'à 18h30. La vue est splendide : Castor, Pollux, Breithorn, Liskamm, et surtout le Matterhorn (aussi connu sous le nom de Crevin) nous entourent. On discute pour le lendemain. La Dufourspitze me semble trop ambitieuse après cette journée. Idem pour Mathieu. Nous décidons de ne pas monter et de nous reposer en vue de la descente à Zermatt.
Dîner au 1er service à 18h30 et au lit à 21h.

LUNDI :
Les autres se lèvent à 3h25. Nous nous levons à 7h30. Le dortoir est désert. On retrouve les deux Delphine sont restées aussi. On prend tranquillement le petit déjeuner. Vers 10h deux de leurs amis arrivent. Ils sont frigorifiés et ont renoncé à cause du froid. N'ayant pas retrouvé la sensibilité de 2 doigts à la main gauche je me dis que j'ai bien fait.
Chris a atteint le col (4359m), Jib (4500m), Stef et Dominique (4615m). Le sommet véritable était trop loin.
On décolle du refuge vers 13h45. On descend l'interminable langue du Gornergletscher jusqu'à son inpressionnate langue terminale. On descend dans sa gorge via de nombreux ponts de neige... puis on sort de la gorge et on rejoint une piste du domaine skiable de Zermatt.

De là, on rejoint Zermatt, puis la gare en bus. De là, descente à Täsh puis retour à Annecy.
BILAN DU WE :
il est 22h et je n'ai toujours pas de sensibilité dans 2 doits de la main gauche. J'irai chez le médecin demain ou mercredi.
Très satisfait de ma journée de dimanche, surtout d'avoir réalisé le Pollux, seul au sommet, et redescendu à ski.
On retournera à la pointe Dufour mais sans faire une grosse journée la veille.
Zermatt est pire que Saas-Fee... On sent bien qu'on est en Suisse...
Comment ne pas être heureux de vivre lorsqu'on partage des moments aussi beaux et aussi forts en montagne ? Malgré tout les "inconvénients", la haute montagne est magique.
Les photos peuvent être récupérées ici.
Voir l'itinéraire en 3D avec Googl Earth...
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